Déc 2021 / Blog / Tech

Les influenceurs virtuels : simple tendance de l’Influence ou avenir proche ?

Ils s’appellent Lil Miquela, Naughty Boo, shudu.gram, itsbinxie ou encore Noonoouri et investissent, depuis quelques mois, tous les réseaux sociaux. Ils sont actifs aux quatre coins de la planète et comptabilisent des millions d’abonnés sur leurs comptes. Ils sont très suivis mais ne sont pas des influenceurs comme les autres. Et pour cause, ce sont des influenceurs virtuels. C’est-à-dire qu’ils ont été créés de toutes pièces sur ordinateur, leurs développeurs leur ont donné une image, une histoire, des émotions, une identité et un quotidien à partager avec leurs différentes communautés. Alors que les influenceurs virtuels obtiendraient des taux d’engagement trois fois supérieurs aux influenceurs bien réels, sont-ils l’avenir de l’Influence Marketing ou une simple tendance tech ? Décryptage d’un phénomène qui prend de l’ampleur.

Qu'entend-on par influenceurs virtuels ?

Les influenceurs virtuels sont des personnages fictifs générés par ordinateur et entièrement constitués d’algorithmes et de pixels. Ils ont des apparences très réalistes de type humanoïde, même si certains sont développés sous d’autres formes de type robot ou animal par exemple. Ils mènent une vie qu’ils partagent sur les réseaux sociaux, ont des interactions avec leurs communautés d’abonnés et collaborent avec des marques. Mais, contrairement aux KOLs (Key Opinion Leaders) 100% en chair et en os, ils sont entièrement programmés. Âge, apparence, choix de vie, activités quotidiennes, relations sentimentales, achats sont entièrement imaginés par les professionnels de la tech digitale en collaboration avec les marketeurs et les agences de communication qui peuvent en faire ce qu’ils veulent.

Parmi le top des influenceurs virtuels les plus célèbres, on retrouve, par exemple : 

  • Lil Miquela : elle a 19 ans, a été créée en 2016 par Brud, une start-up californienne et comptabilise pas moins de 3,1M d’abonnés sur Instagram. Elle poste des selfies et des vidéos de son quotidien avec ses autres amis virtuels (Blawko22 et Bermuda entre autres )et même humains sur Instagram. C’est la combinaison de sa beauté réaliste et de sa personnalité qui en font une femme bien dans son temps et influente. Elle doit en partie son succès à une personnalité à part entière et les marques se l’arrachent pour leurs campagnes d’Influence Marketing. 
  • Shudu.gram : cette mannequin de 28 ans a été créée par le photographe britannique Cameron James Wilson. Elle comptabilise plus de 218K d’abonnés sur Instagram. Elle ne partage pas sa vie privée avec sa communauté mais des photos et des vidéos des shootings photos et des défilés réalisés dans le cadre de ses partenariats avec des marques comme Balmain ou Fenty Beauty (la célèbre marque de Rihanna). Elle est aujourd’hui gérée par l’agence The Diigitals. Grâce à sa notoriété, des marques comme Hyundai Lifestyle mettent en avant leurs engagements sociaux et environnementaux via leurs collaborations avec la KOL virtuelle. C’était le cas de la campagne destinée à promouvoir l’engagement de la marque pour le recyclage des déchets industriels de Hyundai Motor’s Company dans le but de confectionner des vêtements.
  • Noonoouri : la française de 19 ans n’a pas le réalisme gynoïde de ses deux consœurs mais elle n’en collabore pas moins avec les plus grandes marques de luxe.  La KOL virtuel présente, en effet, fréquemment les dernières pièces des collections des grandes maisons de coutures à ses 384K d’abonnés sur Instagram. Le géant chinois du e-commerce Ali baba en a fait, par ailleurs, son ambassadrice pour sa plateforme virtuelle dédiée au luxe, rien que ça. Noonoouri se dit également “activist” et vegan, une façon pour l’influenceuse nouvelle génération d’être engagée et engageante auprès de sa communautés de followers. 
  • Imma.gram : l’influenceuse japonaise aux 354K d’abonnés sur Instagram a participé à des campagnes pour Ikea, Magnum ou encore Porsche. Imma.gram a même développé sa propre collection de vêtements avec Amazon Fashion. Sur son compte Instagram, elle se dit être “a virtual girl (…)  interested in Japanese culture, film and art”. Récemment, c’est dans le cadre d’un partenariat avec la célèbre marque de prêt-à-porter Desigual que ses followers ont pu la retrouver pour une collaboration des plus colorées. 

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Quelle est l'ampleur du phénomène des influenceurs virtuels?

Des influenceurs virtuels de plus en plus présents

De plus en plus utilisés, notamment dans le domaine du luxe et de la mode, on compte aujourd’hui plus de 130 KOLs virtuels dans le Monde. Très suivis aux États-Unis et au Brésil, c’est surtout en Asie qu’ils atteignent des records d’audience grâce à l’engouement des jeunes générations.

Un marché en pleine expansion en Asie dans un contexte singulier

Le marché des influenceurs virtuels en Chine est passé de 15,5 millions de dollars en 2018 et devrait atteindre plus de 200 millions d’euros d’ici 2023. La pandémie du Covid-19 n’a fait que renforcer l’utilisation de ces influenceurs malléables en quelques clics et disponibles 7J/7, 24H/24 par les marques pour leurs différentes campagnes d’Influence Marketing. 

 

Vers une virtualisation des échanges

L’engouement pour le virtuel et la digitalisation s’est accéléré puisque les KOLs virtuels permettent notamment de voyager, de porter des vêtements luxueux, de vivre des événements incroyables tout en restant chez soi, derrière un écran. Dans une dynamique du métavers et de la réalité augmentée, ces nouveaux KOLs sont en passe de devenir incontournables pour les professionnels. 

Porté par un contexte sanitaire et économique sans précédent, cet environnement numérique simulant la réalité où des avatars de nous-mêmes vivront entourés d’autres avatars de personnes réelles ou de personnages fictifs n’est finalement plus si loin. Un marché qui s’avèrera très lucratif pour les marques qui prendront le pli de cette nouvelle façon de vivre et de consommer. 

Des bénéfices indéniables pour les marques

l’influenceur est un atout indéniable pour les marques. D’autant plus que les influenceurs virtuels ont la capacité de travailler à tout moment, de voyager à travers le Monde à moindre coûts et de publier un contenu entièrement contrôlé. Une aubaine pour les marques qui ont parfois du mal à trouver des influenceurs fiables.

Grâce à l’utilisation des KOLs virtuels, les annonceurs peuvent par ailleurs adapter les interventions de leurs avatars en fonction des réactions et des commentaires des communautés. De quoi créer un être à l’image de l’entreprise qui l’exploite tout en répondant parfaitement aux attentes de leurs publics-cibles. 

Curiosité, innovation, nouveautés, les influenceurs virtuels nous font entrer dans un univers irréel et fascinant. Un univers digital parallèle que la génération Z commence déjà à intégrer mais qui doit encore être encadré.

Un avenir certain pour les influenceurs virtuels ?

Malgré tout, les influenceurs virtuels ont quelques limites et il est important de les connaître. 

L'impact psychologique des KOLs virtuels sur les jeunes générations

Une des critiques souvent dirigée vers les réseaux sociaux est le fait que les followers ne cessent de se comparer aux influenceurs et à la perfection des vies reflétées dans leurs publications. L’usage de filtres et d’avatars se généralisent et beaucoup sont déjà conscients que les stars d’Instagram ne reflètent pas forcément des vies réelles. Cependant, certains utilisateurs des médias sociaux, notamment les plus jeunes, ne peuvent pas prendre le recul nécessaire pour faire la part des choses entre la réalité et la fiction imposée par les filtres. 

Mais lorsqu’il s’agit d’influenceurs virtuels, le décalage est d’autant plus grand. En effet, les KOLs virtuels sont entièrement imaginés et créés selon des critères choisis par leurs créateurs. Dans le cas des avatars de marque notamment, même lorsqu’ils sont pourvus de caractéristiques qui les rendent plus réalistes, les égéries virtuelles n’en restent pas moins entièrement soumises aux volontés des marques qui les font apparaître sous leurs plus beaux atouts. Une occasion de plus pour les jeunes générations d’être confrontées à des standards qui sont encore loin de la réalité et qui peuvent engendrer des complexes et entraver l’estime de soi.

Influenceurs virtuels :un manque de transparence?

Par ailleurs, une des caractéristiques de l’activation d’influenceurs est la transparence des partenariats. Même dans le cadre de placements de produit, de liens d’affiliation ou d’autres leviers, le contenu créé par l’influenceur doit laisser place au vrai et à l’authenticité. Les influenceurs virtuels n’ont pas cette faculté puisque les contenus, les publications et les interactions sont entièrement dictés par les marques elles-mêmes. 

Des équipes de rédacteurs, de marketeurs et de chargés de communication s’occupent de rendre leurs communications convaincantes, influentes, puissantes. Alors comment savoir qui se cache réellement derrière les avatars ?

Puisque ces avatars vont de se développer dans nos vies comme de véritables outils de communication de marque, il est important d’en comprendre tous les aspects et contours. L’Inde a déjà pris des mesures officielles pour réglementer l’usage des influenceurs virtuels dans un but commercial. Ainsi, l’Advertising Standards Council of India (ASCI) de Juillet 2021 oblige les comptes de ces influenceurs à faire apparaître clairement le caractère fictif du personnage

 

Les influenceurs virtuels ont encore du chemin à parcourir pour convaincre les consommateurs. Avec l’intégration de l’Intelligence Artificielle, ils vont peut-être gagner encore en efficacité mais seront-ils plus authentiques pour autant ? De nouveaux métiers tirés des neurosciences et de la psychologie comportementale vont se développer pour les faire vivre et interagir de plus en plus humainement et gagner en crédibilité. Une tendance à surveiller donc. 

 

Vous souhaitez en savoir plus sur les tendances de l’Influence Marketing dans les prochains mois ? N’hésitez pas à consulter l’ensemble de nos articles via notre blog, notre guide et/où à explorer nos différentes études et insights présentes sur notre site. 

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