Publié le
February 25, 2026

« L’influence doit devenir le cœur créatif du mix marketing »

L’influence marketing est entrée dans l’âge adulte.

Après des années d’expérimentation, de buzz et de croissance rapide, le marché français se structure, se professionnalise et s’interroge : comment faire de l’influence un véritable moteur stratégique, intégré au mix marketing, créateur de valeur sur le long terme ?

Pour Joy Jimenez, fondatrice de l’Agence Percie, la réponse tient en un mot : utilité.

Utilité créative, quand l’influence devient le cœur d’une campagne et non son simple relais.
Utilité business, quand les contenus irriguent l’ensemble des leviers marketing.
Utilité responsable, quand transparence, conformité et pédagogie structurent les pratiques.

À contre-courant des approches opportunistes, elle défend une influence pensée comme un système durable, inspiré des principes du vivant, où sobriété, circularité, coopération et robustesse deviennent des choix stratégiques.

Dans cet entretien, elle partage sa lecture du marché français, ses convictions sur l’intégration 360 degrés, la montée des formats longs, la place du social commerce et les conditions d’une influence vraiment mature.

TABLE DES MATIERES

Quand vous observez l’état du marché de l’influence en France aujourd’hui, quel regard portez-vous ?

Le marché français a beaucoup évolué. Nous ne sommes plus du tout dans une phase d’expérimentation. Le secteur s’est réellement professionnalisé, notamment avec la loi et le travail de l’UMICC (Union des Métiers d’Influence et des Créateurs de Contenu).

La France fait partie des pays les plus structurés en Europe sur ces sujets. Les marques sont particulièrement vigilantes sur la conformité, la transparence, le certificat de l’influence responsable, le RGPD… Il y a une vraie alerte sur ces questions, même si cela demande encore de la pédagogie.

Cette structuration a un effet très positif : elle tire l’influence vers le haut et favorise une influence plus qualitative.

Si je compare avec les États-Unis, ils ont un temps d’avance dans l’intégration de l’influence au mix marketing. Là-bas, c’est un levier à part entière, totalement intégré aux écosystèmes médias, au commerce et à la culture des communautés.

Ils osent davantage adopter les codes des fandoms ou des communautés. Une marque de beauté qui s’adresse à une communauté K-pop, par exemple, va réellement intégrer ses codes culturels. En France, nous restons parfois plus centrés sur nos propres codes de marque.

Qu’est-ce qui freine encore les marques françaises dans l’intégration complète de l’influence au mix marketing ?

Les marques investissent de plus en plus, mais il reste un besoin très fort de prouver le retour sur investissement. Les directions attendent des résultats objectivables, quantifiables, souvent mesurés à l’aune des ventes, même lorsque l’objectif initial est la notoriété.

Il y a parfois une incohérence entre les objectifs et les indicateurs utilisés.

Je pense que l’influence pourrait être davantage intégrée, notamment en devenant le cœur créatif des campagnes. Les contenus produits par les créateurs peuvent nourrir l’earned media, le social ads, le CRM, le retail…

Je crois beaucoup à cette logique 360 degrés. L’influence ne doit pas simplement compléter une campagne : elle peut l’initier et irriguer tous les autres leviers. C’est ce que j’appelle la circularité dans mon approche d’influence utile. On capitalise sur les contenus, on les réutilise, et c’est aussi comme cela qu’on améliore le ROI.

Faut-il de nouveaux KPI pour mieux mesurer l’impact de l’influence ?

Je ne pense pas qu’il faille de nouveaux KPI. Nous en avons déjà beaucoup. Il s’agit plutôt de s’accorder sur ceux que l’on analyse réellement et de prendre le temps de les interpréter.

Les partages, les enregistrements, les signaux faibles sont souvent plus révélateurs que les simples likes ou impressions. Un post enregistré 13 000 fois, c’est un véritable indicateur d’intérêt.

Sur des campagnes purement de notoriété, on peut aussi mettre en place des mécaniques simples et intelligentes. Par exemple, un sondage en story sur la connaissance d’une marque, répété plusieurs mois plus tard, permet de mesurer l’évolution de la notoriété.

Que doit apporter la loi Influence V2 ?

J’attends davantage de précisions. Certaines zones restent floues, d’autres parfois trop strictes par rapport à d’autres leviers marketing.

Le travail pédagogique de l’UMICC est essentiel pour adapter la loi aux réalités du terrain.

L’influence responsable est fondamentale. Les partenariats les plus performants sont ceux qui sont authentiques et transparents. Les audiences sont aujourd’hui très vigilantes.

En agence, cela passe par la vérification de la conformité, l’analyse des indicateurs, le certificat de l’influence responsable. Chez Havas, nous exigions que les créateurs partenaires obtiennent ce certificat, et nous pouvions le financer si nécessaire.

Il faut rester exigeant, mais aussi bienveillant. Certains créateurs ne sont pas toujours informés. Notre rôle est aussi pédagogique : expliquer, accompagner, corriger de manière constructive.

Comment abordez-vous la montée en puissance des contenus UGC ?

Il est tentant de produire beaucoup d’assets, mais on peut vite perdre en qualité. Certains créateurs font cela pour compléter leurs revenus, et ce n’est pas toujours très qualitatif.

Je privilégie des stratégies sur mesure : quelques contenus bien ciblés, avec des profils alignés sur l’audience, un script travaillé, une vraie intention créative.

Ensuite, l’intérêt est de récupérer ces contenus en marque blanche et de les adosser à une stratégie de médiatisation performante. L’exemple typique, c’est HelloFresh : des contenus qualitatifs, amplifiés en social ads, qui occupent l’espace et génèrent du buzz.

Le marché de l’UGC va continuer à se professionnaliser. Aujourd’hui, c’est encore un peu le Far West.

Les marques parlent beaucoup de partenariats long terme avec les créateurs. Quels sont les défis de cette approche ?

Je crois énormément aux programmes ambassadeurs. Les partenariats les plus performants reposent sur le temps passé en amont : échanger, comprendre le créateur, faire comprendre la marque.

En one-shot, il est difficile de consacrer ce temps. Sur le long terme, on construit une véritable relation, on installe la répétition, comme en média traditionnel, et on peut progressivement passer de la notoriété à la conversion.

Même des associations commencent à restructurer leur approche pour adopter une logique long terme, car elles constatent les bénéfices économiques et stratégiques.

Quelles sont, selon vous, les grandes opportunités pour l’influence cette année ?

Je vois trois grandes opportunités.

D’abord, les formats longs et narratifs. On observe des projets quasi télévisuels sur YouTube, portés par des créateurs devenus de véritables entrepreneurs. Ces formats permettent une intégration plus fine et plus naturelle des marques.

Ensuite, l’approche 360 degrés avec amplification média. L’influence se connecte de plus en plus au retail, au social commerce, à la conversion. Les frontières entre contenu, média et performance s’effacent.

Enfin, la construction de relations durables. L’influence deviendra plus structurée et plus pérenne.

A propos de Kolsquare

Kolsquare est la première plateforme européenne de marketing d'influence, offrant une solution basée sur les données qui permet aux marques d'étendre leurs stratégies de KOL (Key Opinion Leader) marketing grâce à des partenariats authentiques avec des créateurs de premier plan.

La technologie avancée de Kolsquare aide les professionnels du marketing à identifier de manière transparente les meilleurs créateurs de contenu en filtrant leur contenu et leur audience, tout en leur permettant de construire, de gérer et d'optimiser les campagnes d’influence du début à la fin. Cela inclut la mesure des résultats et l'évaluation des performances par rapport à la concurrence.

Avec une communauté mondiale florissante d'experts en marketing d'influence, Kolsquare sert des centaines de clients - dont Coca-Cola, Netflix, Sony Music, Publicis, Sézane, Sephora, Lush et Hermès - en s'appuyant sur les dernières technologies de Big Data, d'IA et de Machine Learning. Notre plateforme s'appuie sur un vaste réseau de KOLs avec plus de 5 000 followers à travers 180 pays sur Instagram, TikTok, X (Twitter), Facebook, YouTube et Snapchat.

En tant que société certifiée B, Kolsquare montre la voie en promouvant l'influence responsable et en défendant la transparence, les pratiques éthiques et les collaborations qui inspirent un changement positif.

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