Les influenceurs virtuels : jusqu’où vont-ils aller ?

C'est un phénomène qui ne cesse de prendre de l'élan depuis quelques mois. Les influenceurs virtuels semblent lancer pour dépasser toutes les frontières et surtout les "vrais influenceurs". Mais au fond, qui sont-ils vraiment ? Focus sur une tendance aussi intrigante qu'effrayante.
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Lil Miquela, la première influenceuse virtuelle

Impossible de passer à côté de la tendance des influenceurs virtuels depuis quelques années. Et pour cause, alors que les influenceurs font grand bruit sur les réseaux sociaux, leurs « collègues » fictifs ont la cote.

Ce phénomène a commencé en 2016, lorsque Lil Miquela, une influenceuse américaine de 19 ans est « apparue » sur tous les écrans et a explosé les compteurs sur Instagram.

Derrière cette poupée parfaitement taillée pour le réseau social se trouve, en réalité, la startup Brud située à Los Angeles. Pari lancé par l’entreprise ? Concevoir des personnages à mi-chemin entre les Kardashian et les BD Marvel.

Habillée par les plus grandes marques, engagée dans de nombreuses causes (elle conseille à ses abonnés d’aller voter), cette influenceuse n’hésite pas une seule seconde à s’afficher aux côtés de stars bien réelles, notamment Rosalía Sousa.

En un peu plus de trois années, Lil Miquela est parvenue à rassembler 1,5 millions d’abonnés pour 466 publications.

Une tendance affolante qui ne cesse de croître

Depuis l’arrivée de Lil Miquela sur Instagram, la tendance des influenceurs virtuels n’a cessé de gagner en importance. Aux quatre coins du globe, les « virtual influencers » se sont multipliés à la vitesse de l’éclair sans se ressembler.

Se mettant en situations réelles, soufflant leurs bougies d’anniversaire, faisant les boutiques ou discutant avec leurs amis, ces personnages fictifs parviennent à rassembler de très nombreux abonnés et à leur « vendre du rêve ».

Très connu dans la sphère des CGI (Content Generated Imagery) et fraîchement apparu, Liam Nikuro a créé la surprise à quelques centaines de kilomètres de Los Angeles. Pour surfer sur la tendance, 1sec Inc (One Second) a crée, pour la première fois au Japon, ce « virtual human » comme il l’est écrit sur son Instagram.

En moins d’un mois d’existence, Liam Nikuro comptabilise déjà 5882 abonnés au moment où nous écrivons ces lignes et collabore avec des marques comme Valentino, Off White ou Acne Studios.

 

D’autres personnages fictifs continuent également leur course médiatique sur le chemin de la gloire. Parmi eux, Shudu et ses 170K abonnés, Ronnie Blawko et ses 135K abonnés ou encore Bermuda et ses 131K abonnés. Trois exemples parmi d’autres qui prouvent à quel point le marché des influenceurs virtuels a encore de beaux jours devant lui.

Les marques en redemandent

Forcément avec une telle médiatisation de ces personnages non-réels, les marques du monde entier se sont intéressées à la tendance. Certaines parfois même allant jusqu’à collaborer avec eux pour représenter leurs marques.

C’est notamment le cas des grandes maisons Dior, Balmain, Kenzo ou encore Prada dont l’intérêt pour ces nouveaux influenceurs n’a cessé de grandir depuis quelques mois. Alors que certains misent sur de « simples partenariats » via les réseaux sociaux, d’autres les font participer à des défilés.

Pour le lancement de sa « Balmain Army » en août dernier, la célèbre maison de luxe faisait, par exemple, appel à Margot, Shudu et Zhi, trois égéries multiethniques entièrement virtuelles.

La marque Prada avait également surfé sur la vague en ayant recours à l’image très populaire de Lil Miquela à l’occasion de son défilé à Milan. Buccellati, Dior,… De très nombreuses marques semblent avoir pris le train de la réalité virtuelle en marche dès ses débuts.

Pourquoi ce choix par les marques ? Il faut tout de même rappeler que les CGI présentent tous les avantages des humains, sans les inconvénients qu’ils peuvent généralement entraîner. Sur le plan financier notamment, ils permettent aux entreprises d’économiser divers frais (logements, déplacements,…). Ceci peut expliquer cela.

Influenceurs réels vs Influenceurs virtuels ?

Et les influenceurs réels dans tout ça ? Telle est la grande question que se posent les individus un tant soit peu concernés par le sort des K.O.L (Key Opinion Leader).

Face à cette concurrence accrue, les « vrais influenceurs » n’ont d’autre choix que proposer des contenus de meilleurs qualité et de fidéliser toujours plus leurs abonnés.

Fort heureusement pour eux, là où les grandes maisons et autres marques reconnues ne cessent d’être éblouies par les influenceurs virtuels, de nombreuses entreprises mises encore sur les influenceurs 100% constitués de chair et d’os.

Si les « virtual influencers » commencent peu à peu à se faire une place dans les esprits, leur rôle dans les campagnes d’influence marketing n’est pas encore acté. La question de la confiance est également une donnée clé à prendre en compte. Peut-on réellement se fier à un influenceur qu’on ne pourra jamais croiser ou avec lequel on ne pourra jamais parler ?

Ask Suzy avait, par ailleurs, mené une étude à l’été 2018 pour recueillir les impressions des consommateurs sur les influenceurs virtuels. Parmi eux, 59% ressentent le remplacement des vrais influenceurs par des modèles 3D comme étant négatif.

Si le progrès a du bon, les K.O.L, eux, n’ont pas fini de nous surprendre.

Qui sont les influenceurs virtuels ?

De facto, les influenceurs virtuels sont des robots, des personnages fictifs créés de toutes pièces sur ordinateur, des personnes qui n’existent pas, tout simplement.

Tout comme les vrais influenceurs, ils nous partagent leurs instants de vie au travers de véritables mises en scène photographiées.

Tout comme les K.O.L, ils sont sollicités par les marques dans le cadre de partenariats ou de campagnes d’influence marketing pour les représenter dans des posts, des publicités sur des canaux divers et variés.

Les influenceurs virtuels inspirent, divertissent et éduquent les internautes grâce à des photos toujours plus alléchantes et bien réalisées. Ils sont, au fil des mois, devenus très populaires auprès des jeunes communautés.