L’essentiel
- 24 857 contenus analysés dans quatre secteurs (Observatoire de l’Influence Responsable, ARPP, 1er octobre 2026).
- 10 % de manquements chez les créateurs certifiés, contre 18 % chez les non-certifiés, sur les quatre secteurs étudiés (ARPP, 2026).
- 0 % de manquements dans la finance chez les créateurs certifiés, contre 38 % chez les non-certifiés (ARPP, 2026).
- 39,1 % contre 16,4 % : la proportion de créateurs ayant perdu des abonnés est plus élevée chez ceux sans publication sponsorisée que chez ceux ayant publié au moins 20 contenus sponsorisés (Kolsquare x ARPP, septembre 2026).
- 2 677 créateurs certifiés, sur près de 6 200 profils inscrits au Certificat de l’Influence Commerciale Responsable au 30 septembre 2026 (ARPP, 2026).
Qu’est-ce que l’Observatoire de l’Influence Responsable 2026 ?
Lancé en 2019, l’Observatoire de l’Influence Responsable de l’ARPP mesure les pratiques publicitaires des créateurs et identifie les manquements à la transparence. En 2026, il repose sur quatre cycles sectoriels associant détection par intelligence artificielle et qualification humaine.
Les taux publiés concernent les contenus analysés : ils ne mesurent ni l’ensemble des publications d’un secteur ni les pratiques de tous les créateurs.
Quels sont les taux de manquement par secteur en 2026 ?
L’Observatoire ARPP 2026 montre que les taux de manquement à la transparence varient selon le secteur et la certification des créateurs. Dans les quatre cycles étudiés, les taux sont systématiquement plus faibles chez les créateurs certifiés, avec des écarts particulièrement marqués dans la finance et les jeux d’argent (ARPP, 2026).
Taux de manquement à la transparence par secteur
| Secteur | Période analysée | Contenus analysés | Créateurs certifiés | Créateurs non-certifiés | Principal point de vigilance |
|---|
| Finance | Déc. 2025 à janv. 2026 | 6 589 | 0 % | 38 % | Promesses de gains, informations sur les risques, renvois vers des messageries privées ou des formations |
| Beauté | Févr. à mars 2026 | 7 719 | 9 % | 14 % | Résultats chiffrés sans précisions sur les tests, allégations relatives à l’acné ou à la protection solaire. |
| Jeux d’argent | Avril à juin 2026 | 3 656 | 11 % | 40 % | Insertion du message de mise en garde et du pictogramme 18+ |
| Alimentation | Juillet à août 2026 | 6 893 | 14 % | 20 % | Message “mangerbouger.fr” absent ou incomplet, allégations de santé non autorisées |
| Total | Quatre cycles | 24 857 | 10 % | 18 % | Repère 2025 : 13 % et 39 % |
Observatoire de l’Influence Responsable, ARPP, 1er octobre 2026. Les taux correspondent aux manquements à l’exigence de transparence parmi les contenus analysés.
En 2025, les taux de manquement annoncés étaient de 13 % chez les créateurs certifiés et de 39 % chez les non-certifiés, contre respectivement 10 % et 18 % dans l’édition 2026 (ARPP, 2026). Cette comparaison constitue un repère de tendance, car les périmètres ne sont pas identiques. Kolsquare a présenté ces analyses lors de la Matinée de l’Influence Responsable du 1er octobre.
Quels manquements reviennent le plus souvent ?
Les manquements à la transparence concernent notamment les contreparties non monétaires, les codes promotionnels et les liens d’affiliation insuffisamment signalés. L’ARPP relève également des formulations ambiguës et des mentions qui disparaissent dans les stories ou les directs (ARPP, 2026).
- Les contreparties non monétaires. Une invitation à un événement, un voyage offert ou un produit reçu gratuitement peuvent constituer des avantages à déclarer. L’absence de paiement direct ne signifie pas que la publication échappe aux règles de transparence.
- Les codes promotionnels et les liens d’affiliation. Lorsqu’un créateur peut percevoir une commission ou qu’un code s’inscrit dans un partenariat commercial, la nature de la relation doit être explicitée. Un simple code ou un lien ne suffit pas à informer clairement l’audience.
- Les reformulations ambiguës. Des termes comme “gift”, “collab” ou “sp” ne remplacent pas une mention explicite telle que “Publicité” ou “Collaboration commerciale”.
- Les mentions qui disparaissent selon le format. Une information présente dans une publication classique peut être absente d’une story, reléguée à la fin d’une vidéo ou difficile à retrouver pendant un direct.
Le défaut de transparence peut aussi avoir des conséquences. En juillet 2021, à la suite d’une enquête de la DGCCRF, Nabilla Benattia-Vergara a payé une amende transactionnelle de 20 000 € pour avoir promu un service de trading sur Snapchat sans préciser que cette promotion était rémunérée (DGCCRF, 28 juillet 2021).
La validation doit porter sur le contenu final publié, tous formats confondus.
Que change l’Observatoire pour une marque, secteur par secteur ?
L’Observatoire invite les annonceurs à adapter leurs contrôles aux risques propres à chaque secteur. Les règles générales de transparence doivent être complétées par les mentions, avertissements et restrictions applicables aux produits promus, notamment en finance, en beauté, dans les jeux d’argent et dans l’alimentation (ARPP, 2026).
Finance : un écart de 38 %.
Aucun manquement n’a été relevé chez les créateurs certifiés, contre 38 % chez les non certifiés (ARPP, 2026). Pour les marques, l’enjeu est notamment de repérer les promesses de gains, les risques insuffisamment présentés et les renvois vers des messageries privées ou des formations. Selon le produit promu, les recommandations de l’Autorité des marchés financiers (AMF) doivent aussi être prises en compte.
Beauté : le secteur aux taux les plus faibles.
Avec 9 % chez les créateurs certifiés et 14 % chez les non-certifiés (ARPP, 2026), la beauté affiche les taux les plus bas des quatre secteurs étudiés. Les marques doivent surtout examiner les résultats chiffrés annoncés, les conditions des tests et les allégations relatives à l’acné ou à la protection solaire. Les recommandations applicables aux cosmétiques et les ressources de la Fédération des Entreprises de la Beauté (FEBEA) peuvent les aider à mieux encadrer.
Jeux d’argent : les avertissements restent un point faible.
Le message de mise en garde et le pictogramme +18 font partie des éléments à contrôler avant publication. En 2026, le taux de manquement atteint 11 % chez les créateurs certifiés et 40 % chez les non-certifiés (ARPP, 2026). Les marques doivent également vérifier les restrictions applicables à la promotion des jeux d’argent en tenant compte des règles de l’Autorité nationale des jeux (ANJ).
Alimentation : la vigilance porte aussi sur le contenu des messages.
Au-delà de la transparence du partenariat, les marques doivent vérifier la présence du message sanitaire “mangerbouger.fr” lorsqu’il est requis et s’assurer que les allégations de santé sont autorisées. En 2026, le taux de manquement est de 14 % chez les créateurs certifiés et de 20 % chez les non-certifiés (ARPP, 2026).
Le contrôle doit couvrir les différents formats de la campagne, les vidéos, les légendes ou tout autre format.
Afficher un partenariat fait-il perdre des abonnés ?
Les données de Kolsquare x ARPP ne montrent pas que la publication de contenus sponsorisés soit systématiquement associée à une perte d’abonnés. Sur 195 953 créateurs étudiés entre janvier et juin 2026, la proportion de profils ayant perdu des abonnés est plus élevée chez ceux sans contenu sponsorisé que chez ceux qui en ont publié au moins 20 (Kolsquare x ARPP, septembre 2026).
L’étude porte sur des créateurs dont au moins 30 % de l’audience est française, sur la période de janvier à juin 2026 (Kolsquare x ARPP, septembre 2026).
| Nombre de publications sponsorisées | Créateurs ayant perdu des abonnés |
|---|
| Aucune publication sponsorisée | 39,1 % |
| 20 publications sponsorisées ou plus | 16,4 % |
Le statut de certification présente également une association avec la fidélité de l’audience : 24,3 % des créateurs certifiés ont perdu des abonnés, contre 35,4 % des non-certifiés, tandis que 75,7 % des certifiés ont conservé leur audience, contre 64,6 % des non-certifiés (Kolsquare x ARPP, septembre 2026).
Ces résultats ne permettent pas d’affirmer que les partenariats ou la certification entraînent une meilleure fidélité. En revanche, ils montrent que publier des contenus sponsorisés n’est pas un synonyme de perte d’abonnés.
Un post conforme performe-t-il moins bien ?
Les analyses de Kolsquare montrent que l’EMV médian des publications conformes dépasse celui des publications non conformes à chaque palier d’abonnés étudié en France. Sur la tranche de 100 000 à 1 million d’abonnés, il atteint 8 554 €, contre 6 482 € pour les contenus non conformes (Kolsquare x ARPP, septembre 2026).
Sur la tranche de 5 000 à 50 000 abonnés, les publications conformes des créateurs certifiés affichent un EMV médian supérieur de 12 % à celui des publications non conformes (Kolsquare x ARPP, septembre 2026). Le même schéma est observé dans cinq marchés européens, la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni (Kolsquare x ARPP, septembre 2026).
Pour approfondir ces résultats, consultez le rapport EMV : un indispensable de l’Influence Marketing.
Faut-il privilégier des créateurs certifiés ARPP ?
La certification ARPP constitue un indicateur de professionnalisation et de sensibilisation aux règles publicitaires. Elle peut entrer dans les critères de sélection d’un créateur, mais ne garantit ni la conformité de chaque publication ni les résultats d’une campagne. Les marques doivent aussi examiner l’audience, l’adéquation avec leurs objectifs et les performances antérieures.
Kolsquare permet de filtrer des créateurs certifiés et de mesurer la conformité des contenus sponsorisés grâce à son Compliance Score.
Que dit la loi, au-delà de l’autorégulation ?
Les recommandations de l’ARPP complètent le cadre légal de l’influence commerciale sans s’y substituer. La loi du 9 juin 2023 encadre notamment les pratiques commerciales des influenceurs. Les marques doivent vérifier les obligations contractuelles, les mentions publicitaires et les restrictions propres aux produits promus (loi n° 2023-451 du 9 juin 2023, Légifrance).
Depuis le 1er janvier 2026, un contrat écrit est obligatoire lorsque la rémunération ou la valeur totale des avantages en nature atteint le seuil réglementaire de 1 000 € HT, selon les conditions prévues par les textes applicables (décret n° 2025-1137 du 28 novembre 2025 relatif aux contrats d’influence commerciale, Légifrance, dispositions applicables au 1er janvier 2026). La responsabilité de l’annonceur peut également être engagée dans les conditions prévues par la loi. La DGCCRF contrôle le respect des règles de protection des consommateurs.
Pour approfondir le sujet, consultez nos guides sur les contrats obligatoires, les contrats d'influence et Comprendre la loi Influenceurs du 9 juin 2023.
Comment vérifier la conformité d'une campagne avant publication ?
La conformité d’une campagne repose sur des contrôles à chaque étape : sélection du créateur, contrat, brief, validation du contenu et suivi après publication. Une checklist permet de vérifier les mentions commerciales, les exigences sectorielles et la visibilité des avertissements, puis de conserver les preuves nécessaires au suivi de la campagne.
Six contrôles sont prioritaires :
- Contrat : vérifier si un contrat écrit est obligatoire, en tenant compte du montant cumulé et des avantages en nature.
- Créateur : contrôler son statut de certification et identifier les règles sectorielles applicables.
- Brief : préciser les mentions commerciales, avertissements et mentions relatives aux images retouchées ou virtuelles lorsque les textes l’exigent.
- Visibilité : vérifier que la mention commerciale est immédiatement identifiable, et non cachée en fin de vidéo ou sous « voir plus ».
- Formats : contrôler chaque story, vidéo, direct, code promotionnel et lien affilié concerné.
- Suivi : vérifier les publications en ligne, archiver les preuves et corriger les écarts identifiés pendant la campagne.
Téléchargez notre checklist de conformité du marketing d’influence pour retrouver les 15 points de contrôle à vérifier avant, pendant et après une campagne.
L’Observatoire ARPP 2026 confirme l’importance de contrôles adaptés à chaque secteur. Les données de Kolsquare montrent que transparence et performance ne sont pas incompatibles. Les marques ont donc intérêt à intégrer la conformité à chaque étape de leurs campagnes.
CHECKLIST · CONFORMITÉ D’UNE CAMPAGNE D’INFLUENCE
De la préparation à la publication, vérifiez chaque étape avant de lancer votre campagne.
1. AVANT LE CONTRAT
- Contrat écrit prévu si le seuil légal est atteint : vérifier que les rémunérations et avantages en nature accordés par un même annonceur, au cours de la même année et pour un même objectif promotionnel, atteignent 1 000 € HT. Le contrat doit comporter les mentions légales requises. (Décret n° 2025-1137 du 28 novembre 2025, art. 1, Comprendre la loi Influenceurs du 9 juin 2023)
- Certification du créateur vérifiée : contrôler son statut et en tenir compte dans les critères de sélection, sans considérer la certification comme une garantie de conformité de chaque contenu.
- Règles sectorielles identifiées : vérifier les restrictions et mentions applicables au produit ou service promu, notamment en finance, jeux d’argent, cosmétiques et alimentation.
2. DANS LE BRIEF
- Mention commerciale définie : prévoir une mention claire, lisible et compréhensible, telle que « Publicité » ou « Collaboration commerciale », adaptée au support.
- Mentions sectorielles précisées : lister les avertissements, restrictions et informations obligatoires applicables, puis indiquer où ils doivent apparaître.
- Images retouchées ou virtuelles signalées si nécessaire : prévoir les mentions « Images retouchées » ou « Images virtuelles » lorsque les situations visées par la loi s’appliquent.
3. À LA VALIDATION DU CONTENU
- Mention commerciale immédiatement visible : elle apparaît dès le début du contenu et ne se trouve pas uniquement en fin de vidéo ou derrière « voir plus ». (Recommandation Communication publicitaire numérique de l’ARPP)
- Mention présente sur chaque story concernée : vérifier chaque séquence individuellement avant publication.
- Mention maintenue pendant tout le live : s’assurer qu’elle reste visible pendant la diffusion.
- Codes promo et liens affiliés explicitement signalés : le caractère commercial de l’avantage ou du lien est compréhensible pour le public. (Loi n° 2023-451)
- Formulations ambiguës écartées : ne pas utiliser « gift », « collab » ou « sp » seuls pour identifier un partenariat commercial.
- Mentions et avertissements sectoriels vérifiés sur le rendu final : contrôler leur présence, leur lisibilité et leur emplacement sur chaque format publié.
4. APRÈS PUBLICATION
- Contenu en ligne contrôlé : vérifier que les mentions commerciales et sectorielles sont bien visibles sur la publication effectivement mise en ligne.
- Preuves archivées : conserver le brief, le contrat, les versions validées et des captures des contenus publiés.
- Conformité suivie pendant toute la campagne : contrôler les nouvelles publications et corriger rapidement tout manquement constaté.
POUR ALLER PLUS LOIN
La transparence paie. Et si vous passiez à l’action ?
Découvrez le rapport Kolsquare x ARPP pour comprendre les liens entre transparence, conformité et performance en marketing d’influence.
Télécharger le rapport « La transparence paie »
Ce document ne constitue pas un avis juridique. En cas de doute, vérifiez les textes en vigueur et sollicitez un conseil juridique.