Twitch, la plateforme la plus sous-estimée de votre stratégie d'influence

Engagement, audiences insoupçonnées, liberté créative, culture du sponsoring : Twitch a des atouts que peu de marques exploitent vraiment. Ce qu'il faut savoir avant de s'y lancer.

Publié le
June 26, 2026

TABLE DES MATIERES

Les marques qui voient encore Twitch comme une plateforme de niche réservée aux gamers passent à côté d'une des audiences les plus engagées et les plus ouvertes à la conversion de France. Lucien Melki, fondateur de Jump Influence, et Cem Dagli, Influence Strategist chez Jump, défendent leur conviction, et expliquent concrètement comment activer la plateforme en 2026.

En 2026, quelles sont les forces et les faiblesses de Twitch en France du point de vue du marketing d'influence ?

Lucien Melki : Commençons par les forces, parce qu'il y en a beaucoup. En France, Twitch est une plateforme très centrée sur le gaming. Mais elle a énormément grandi depuis, et aujourd'hui c'est quelque chose de très différent. C'est un lieu de rendez-vous, avec un niveau d'engagement exceptionnel et authentique.

TikTok est excellent pour la portée et la découverte. Mais on n'y crée pas vraiment de rendez-vous régulier avec quelqu'un. Un tiktokeur poste une vidéo, et on peut ne pas le revoir pendant trois semaines jusqu'à ce que l'algorithme nous repousse son contenu. Sur Twitch, on est à un rendez-vous quotidien. C'est en direct, on parle directement avec la communauté en temps réel. Il y a un système d'abonnement où la communauté est habituée à soutenir financièrement les streamers -- pas pour accéder à du contenu exclusif, mais simplement pour montrer son soutien. En France, ce type de soutien financier volontaire à un créateur est vraiment peu courant. Sur Twitch, ça existe, parce que les viewers tiennent genuinement aux personnes qu'ils regardent. Ça en dit long sur la profondeur de la relation.

Cem Dagli : J'ajouterais que la plateforme se féminise de plus en plus. Pendant longtemps, c'était très masculin, très gaming. Mais des événements comme le GP Explorer de Squeezie ont attiré une audience bien plus large et diversifiée. Aujourd'hui, Twitch est vraiment lifestyle, et la diversité des contenus est maintenant suffisamment forte pour être une proposition sérieuse pour presque tous les types d'annonceurs.

Quel argument donnez-vous à une marque hors gaming qui dit "Twitch, ce n'est pas pour moi" ?

Lucien Melki : On a deux arguments. Le premier est axé sur la conversion. Quand les marques lancent leurs premières campagnes sur Twitch, les performances initiales sont souvent très fortes, parce qu'elles touchent une audience genuinement nouvelle -- des personnes qui ne regardent pas la télé traditionnelle, qui ne sont pas sur Instagram, qui ne convertissent pas sur TikTok.

Le lancement d'Aroma Zone en est le meilleur exemple. L'une des marques beauté préférées des Français, mais avec un enjeu précis : développer leur clientèle masculine. Sur Twitch, ils ont découvert un nombre exceptionnel de nouveaux clients. Et le format était extraordinaire : les streamers parlaient de la marque pendant plus de 45 minutes, à coeur ouvert, à leur manière. C'est une dynamique très différente de ce qu'on voit ailleurs.

Le deuxième argument, c'est la liberté créative. Sur Twitch, on peut construire un concept de A à Z avec de l'interactivité en direct, des jeux en temps réel, une vraie narration autour de la marque -- et ensuite le décliner en formats courts pour Instagram, TikTok, en best-of sur YouTube.

Le marketing d'influence se tourne de plus en plus vers les micro-créateurs. Est-ce que cette logique s'applique aussi sur Twitch, ou faut-il les gros noms ?

Lucien Melki : Trop micro, c'est trop petit sur Twitch, parce que les tailles d'audience absolues ne sont pas les mêmes que sur YouTube ou TikTok. Mais il y a quelque chose qui fonctionne spécifiquement bien avec des créateurs plus modestes, et c'est lié au fait qu'on est partenaire de la plateforme. On peut faire placer un créateur sur la homepage de Twitch. Donc si on a un créateur avec une très bonne façon de s'exprimer, très brand safe, mais dont l'audience n'est pas massive, on peut augmenter significativement sa portée via le fil de découverte de la page d'accueil. C'est quelque chose qui n'existe pas sur les autres réseaux sociaux. C'est un vrai avantage.

Comment les créateurs Twitch construisent-ils leur audience, et qu'est-ce que ça implique pour une campagne ?

Lucien Melki : Beaucoup passent par TikTok. Ils streament en continu sur Twitch, enregistrent des clips et les postent sur TikTok. L'algorithme est imprévisible -- un créateur peut poster 100 vidéos et une peut faire un million de vues, ce qui amène une vague de nouveaux abonnés sur Twitch. TikTok est le moteur de génération de leads, Twitch est là où ces leads sont convertis et où la communauté se construit vraiment.

Pour les campagnes, ça ne veut pas dire qu'on a besoin des deux. On peut tout à fait construire quelque chose de Twitch-first -- un concept avec une vraie valeur de production, qui se tient seul. Cela dit, pour une marque habituée à Instagram et TikTok, un package 360 qui inclut Twitch avec une déclinaison en format court est souvent rassurant. Ça fait le pont entre le familier et le nouveau.

Quels sont les KPI à suivre pour mesurer l'impact d'une campagne Twitch ?

Lucien Melki : Les métriques sont spécifiques au contenu live. Le pic de viewers simultanés est moins révélateur que le total de viewers sur la durée d'un stream. Un streamer qui fait en moyenne 1 000 viewers simultanés sur 8 heures peut accumuler entre 20 000 et 40 000 viewers totaux, parce que les gens se connectent et déconnectent tout au long de la journée.

La deuxième métrique clé, c'est le temps de visionnage moyen. Et là se trouve l'un des atouts les plus convaincants de Twitch : on peut construire un concept de marque qui dure quatre heures, et les viewers vont genuinement le regarder pendant quatre heures. C'est pratiquement impossible sur YouTube. Sur YouTube, Squeezie ne fera jamais une vidéo dédiée à une marque -- sa ligne éditoriale ne le permet pas. Mais sur Twitch, on peut construire toute une émission avec une marque au centre, organiser des jeux et des concours en temps réel. Cette liberté créative n'existe nulle part ailleurs.

Les audiences Twitch acceptent-elles bien les partenariats de marque, et le modèle ambassadeur est-il adapté à la plateforme ?

Lucien Melki : Il y a beaucoup moins de partenariats de marque sur Twitch que sur Instagram ou TikTok, ce qui fait que le format reste frais et non saturé. Les audiences les acceptent très bien, à condition qu'ils soient faits intelligemment -- que le chat soit activement engagé, que les viewers puissent participer et gagner des choses.

Cem Dagli : Les viewers comprennent que les streamers ont besoin de partenariats pour vivre, et ils veulent que leurs streamers préférés puissent continuer. On peut avoir plusieurs sponsors sur un stream et ça ne crée pas de polémique -- c'est l'inverse de ce qui se passe sur YouTube. Et dans le gaming et l'esport notamment, il y a une vraie culture du partenariat long terme. Des marques qui sont là de manière régulière dans le temps, qui deviennent partie de l'histoire. C'est un espace qui récompense la présence authentique.

Le chat est souvent cité comme l'atout central de Twitch, et comme un environnement moins toxique que les autres plateformes. Pourquoi ?

Lucien Melki : Le chat, c'est la communauté, c'est le lien. Il y a des streamers dont le format entier est le "Just Chatting" -- pas de jeu, pas de sujet précis, juste parler avec leur audience pendant des heures. Quelqu'un mentionne une info, le streamer s'en empare : "T'as vu l'augmentation de la taxe ? Vous en pensez quoi ?" Et là on a toute une discussion communautaire en temps réel. Ce type de relation bidirectionnelle est totalement unique à Twitch.

Sur la toxicité : la haine anonyme de passage est bien plus rare sur Twitch parce que les viewers ressentent une vraie connexion au streamer et entre eux. Ils connaissent la personne derrière l'écran, ils sont en conversation avec elle. La modération active fait le reste -- chaque streamer a ses modérateurs. Ça crée un environnement plus sain, et c'est l'une des raisons pour lesquelles on travaille avec des ONG sur Twitch. On a fait un livestream caritatif avec Médecins Sans Frontières qui s'est très bien passé.

Comment gérez-vous la réticence des marques face à l'imprévisibilité du format live ?

Cem Dagli : La crainte du live est réelle, et on la prend au sérieux. Notre travail c'est de rassurer. Les streamers sont des professionnels -- même avec des briefs complexes ou sensibles, des campagnes avec des grandes banques par exemple, ça se passe toujours bien parce qu'il y a un travail rigoureux de préqualification en amont. On essaie d'être dans la pédagogie, d'expliquer clairement ce qui va se passer et pourquoi.

Twitch est-il accessible aux marques avec des budgets modestes ?

Lucien Melki : Oui, on peut tout à fait tester Twitch avec un budget modeste. C'est déjà arrivé, et ça fonctionne.

Cem Dagli : Ce qu'il faut comprendre, c'est que Twitch est moins un réseau social au sens traditionnel et plus une plateforme média. Sur Instagram et TikTok, on fait des intégrations. Sur Twitch, on fabrique des choses -- des émissions, des panels, des concepts, des expériences. Ça demande un état d'esprit créatif un peu différent. On a des marques comme Emma, qui avait une cible très famille, très maman, et qui s'adressent aujourd'hui majoritairement aux hommes et aux gamers sur Twitch. La plateforme a ce potentiel de transformation si on l'aborde avec la bonne stratégie.

A propos de Kolsquare

Kolsquare est la première plateforme européenne de marketing d'influence, offrant une solution basée sur les données qui permet aux marques d'étendre leurs stratégies de KOL (Key Opinion Leader) marketing grâce à des partenariats authentiques avec des créateurs de premier plan.

La technologie avancée de Kolsquare aide les professionnels du marketing à identifier de manière transparente les meilleurs créateurs de contenu en filtrant leur contenu et leur audience, tout en leur permettant de construire, de gérer et d'optimiser les campagnes d’influence du début à la fin. Cela inclut la mesure des résultats et l'évaluation des performances par rapport à la concurrence.

Avec une communauté mondiale florissante d'experts en marketing d'influence, Kolsquare sert des centaines de clients - dont Coca-Cola, Netflix, Sony Music, Publicis, Sézane, Sephora, Lush et Hermès - en s'appuyant sur les dernières technologies de Big Data, d'IA et de Machine Learning. Notre plateforme s'appuie sur un vaste réseau de KOLs avec plus de 5 000 followers à travers 180 pays sur Instagram, TikTok, X (Twitter), Facebook, YouTube et Snapchat.

En tant que société certifiée B, Kolsquare montre la voie en promouvant l'influence responsable et en défendant la transparence, les pratiques éthiques et les collaborations qui inspirent un changement positif.

Depuis octobre 2024, Kolsquare fait partie du groupe Team.Blue, l'une des plus grandes entreprises privées de technologie en Europe, et un acteur digital de premier plan pour les entreprises et les entrepreneurs à travers l'Europe. Team.Blue rassemble plus de 60 marques à succès dans les domaines de l'hébergement web, du e-commerce, de la conformité en ligne, de la génération de leads, des solutions d'application et des médias sociaux.

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